Petit B.A.-BA sur le bois

Photo © Daria Shevtsova

Ecrit par Marion Désert

Le 26 janvier 2021

C’est la matière qui nous vient en premier en tête lorsque l’on pense aménagement durable mais que savons-nous d’elle ? Est-elle toujours si écologique ? Comment la choisir ?

L’importance du choix de l’essence

Tout d’abord, lorsque l’on parle d’un produit conçu en bois, on évoque également très souvent l’essence de ce bois, élément majeur pour maîtriser les caractéristiques du matériau. Par définition, une essence de bois est une espèce d’arbre comme le chêne, le noyer ou encore le hêtre, mais cela peut aussi être un bois dit exotique avec le Wengé, l’acajou ou le palissandre par exemple. Toutes les essences n’ont pas la même disponibilité, certaines sont mêmes protégées par la CITES au même titre que les tortues marines ou les bonobo.

Chaque essence va déterminer les caractéristiques du bois et notamment sa densité permettant de déterminer sa robustesse. Si l’on souhaite un matériau souple et léger, le peuplier ou le pin sera très adapté alors qu’avec un chêne, un acacia ou un frêne nous aurons un bois très dense et donc plus dur. L’essence définit également la teinte et les finitions du bois, le pin est très marqué par sa couleur jaune, tandis que le noyer tend vers un brun foncé.

Des variantes du bois par sa transformation

Commençons par le bois le plus naturel : le bois massif, il s’agit en vérité de bois brut qui n’a subi pour seule transformation que son sciage. On y ajoute souvent une huile, une cire ou un vernis pour faciliter l’entretien du bois. Ce matériau est vivant et est extrêmement résistant.

Le contreplaqué ou multiplis est lui constitué de feuilles de bois assemblés et collés sous haute pression. Le panneau obtenu est très résistant et peut être relativement flexible. Il a l’avantage d’offrir plus de solidité à une essence légère comme le bouleau par exemple.

Le bois aggloméré est constitué de fibres ou particules de bois collés et pressés à chaud. Cette matière permet de revaloriser les déchets de la filière comme les sciures de bois, mais il est peu esthétique.

Le mélaminé est un panneau de bois agglomérés recouvert d’une feuille de papier imprégnée de mélamine. Ces panneaux sont bons marchés et sont donc très utilisés, néanmoins avec les solvants présents dans les colles de ces produits, cela rend leurs recyclages plus complexes.

Le panneau OSB est composé de différentes couches de lamelles de bois, collées entre elles afin d’obtenir des qualités similaires au bois massif.

Une origine qui peut rebattre les cartes

On fait souvent appel au bois parce que c’est un matériau qui a un impact réduit sur l’environnement vis-à-vis d’autres matériaux tels que les plastiques. Néanmoins, l’exploitation de cette matière n’est pas nécessairement sans conséquence sur les organismes et l’environnement.

C’est pourquoi, désormais, il est possible d’extraire le bois depuis des forêts éco-gérées, c’est-à-dire des forêts qui ont été gérées durablement pour qu’elles « maintiennent leur diversité biologique, […] et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur, les fonctions écologiques, économiques, sociales pertinentes, […] et qu’elles ne causent pas préjudice à d’autres écosystèmes ». Il existe ainsi deux labels internationaux qui valident cette gestion forestière durable : PEFC et FSC.

À noter également l’impact du transport sur le cycle de vie du produit final conçu en bois. Les essences exotiques viennent en grande partie d’Afrique, d’Asie du Sud-est et du Brésil ; ils nécessitent donc un transport plus impactant qu’un bois européen ou français.

Nous avons d’ailleurs la chance d’être le 4e domaine forestier en Union Européenne avec 1/3 de notre territoire qui est recouvert de forêt (Guyane incluse.) Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, notre territoire français n’a jamais été aussi boisé depuis le Moyen-âge 😉

 

En conclusion, lorsque l’on souhaite acheter un mobilier en bois pour des raisons écologiques, il ne faut pas s’arrêter à ce terme si l’on veut maîtriser son impact sur l’environnement. Les bois massifs ont l’avantage d’être peu transformés, les agglomérés permettent de réexploiter les déchets ou chutes de la filière, mais contiennent des solvants. Selon les essences choisis et leurs origines, l’extraction et le transport pourra également faire varier le coût environnemental du produit.

Il est également possible de réemployer ce matériau sous toutes ces formes afin de lui donner une seconde vie, c’est dotant plus intéressants pour les panneaux faiblement recyclables ou pour les bois exotiques ayant nécessité une dépense énergétique plus importante lors de leur transport.

Sources principales : PEFC France, FSC, Wikipédia et l’ONF

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